Paris – Brest – Paris 2019

Récit de mon Paris – Brest – Paris 2019

Qu’il fut dur pour moi ce Paris Brest 2019…! Et pourtant tout avait relativement bien commencé. Un PBP conclu en 77heures 04. Pas de record donc, si ce n’est le record de souffrance sur un vélo.

Samedi 17 août

Mais revenons à la veille du départ. C’est sous lune pluie battante que nous arrivions , mes deux super compagnons (Daniel , Gaby) et moi sur le site du parc du château de Rambouillet ou serait donné le départ de la 19è édition de cette randonnée mythique ou se côtoient une soixantaine de nations venus des quatre coins de la planète.

Après les divers formalités d’usage (vérification des vélos, plaques de cadre) c’est quelque peu humide que nous quittions Rambouillet pour passer la nuit en chambre d’hôtes dans la région de Chartres, ou là nous pouvions décompresser à l’écart de l’effervescence d’avant course. Très bon accueil de la part des propriétaire de ce moulin un peu vieillot, situé sur les bords de l’Eure, au décors champêtre, mais très bonne table d’hôtes et petit déjeuner copieux le lendemain matin, pour une somme , somme toute, modique.

Dimanche 18 août

Il pleut toujours, lorsque, au petit matin, nous reprenons la route pour Rambouillet. Retour sur le site de départ ou nous avons prévus un bon pique nique pour midi, car une fois sur place, il ne sera plus question de bouger le véhicule.

Un petit soucis cependant; le temps qui ne s’améliore toujours pas. Il tombe même des cordes pendant notre repas, ce qui nous oblige à tendre une bâche pour pouvoir manger à peu près au sec. Ce n’est que dans le courant de l’après-midi que le soleil fait son apparition et avec lui le sourire ainsi que le moral des 6650 participants. Maintenant on sent que tout le monde n’a plus qu’une envie, prendre la route.

Premiers départs 16 heures. C’est un peu la cohue, chaque concurrent devant se regrouper par ordre alphabétique . Les groupes de 350 partant de quart d’heure en quart d’heure, mais tout se passe plutôt dans la bonne humeur.

17 heures, c’est maintenant notre tour. Pour éviter de partir trop vite, je me suis mis tout à l’arrière du groupe, chose que je n’aurais pas du faire, car, très vite je me retrouve isolé dans des cassures et je dois m’employer pour réintégrer le gros du peloton au bout de plusieurs kilomètres de poursuite. Un PBP parti moins vite que d’habitude mais tout aussi dur, le vent soufflant assez fort 3/4 face freinant quelque peu les ardeurs, surtout dans la traversée de la Beauce, ouverte à tous les vents.

Sur ces longues lignes droites ce n’est que groupes qui se font et se défont. Il faut s’abriter au mieux, de préférence derrière un grand, côté gauche de la route, en étant vigilant au voitures venant en face. Tandis que nous progressons environ 26 de moyenne, nous sommes dépassés par les premiers vélos (voitures?) carénées lancée à des allures folles (Ils irons moins vite quand la route s »élèvera)

Près de 100kms avant de rentrer dans le Perche. Je suis seul, car je me suis arrêté pour satisfaire un besoin naturel, et, comme de bien entendu le groupe n’a pas attendu. Je rejoins donc Mortagne non loin du peloton au sein duquel se trouvent mes deux camarades associés. Cela dit, cette petite poursuite à eue pour effet de me calmer quelque peu, et un petit arrêt d’un quart d’heure le temps d’un casse-croûte et d »une banane est plutôt bienvenu.

Un petit 1/4 d’heure d »arrêt et nous voilà reparti pour Villaines-la-Juhel. La nuit à fait son apparition et sur la route menant à Mamers, de loin en loin, ce n’est qu’un défilé de feux rouge qui s »agitent. Tout ce petit monde est encore frais et progresse à bonne allure. Sur la rocade de Mamers, nous sommes rattrapés par un groupe d’une cinquantaine d’unités, roulant à vive allure.Mon instinct compétition reprenant le dessus Il ne m’en faut pas plus pour mordre à l’hameçon, je suis donc ce peloton, sans trop me préoccuper de mes camarades , (plus sages), restés derrière, tout en me disant que je ne suis encore pas raisonnable sur ce coup là.

J’ai la surprise de rattraper Mickael, notre camarade de club, parti avec des ambitions pour faire un bon temps. Malheureusement pour lui, il n’aura tenu le rythme qu’une cinquantaine de kms. Il jettera l’éponge au retour à Loudéac cause de grave problème à la selle. Dans ces conditions il était dur pour lui et même imprudent de continuer. Il repartira dans 4 ans, encore plus fort et déterminé, j’en suis certain.

Je suis toujours dans ce groupe progressant vitesse grand V vers Villaines quand soudain, devant c’est la chute, que je parviens à éviter. Beaucoup de concurrents se retrouvent au sol. On nous obligent à continuer pour libérer la route au maximum. Échaudé par cette alerte, je décide de terminer les cinq derniers kms de cette étape à ma main. Au contrôle de Villaines-la-Juhel, j’arrive avec vingt minutes d’avance sur mes camarades, ce qui me laisse le temps de me restaurer et de me reposer en les attendant.

Après un bon arrêt nous repartons prudemment, direction Fougères, car ces routes du nord Mayenne sont plutôt casse pattes, avec, entre autre la longue côte après Hardanges menant au Ribay et la remontée sur Charchigné. Sur cette étape, je me sens bien, et dans ce cas je passe pas mal de temps en tête du petit groupe qui nous accompagne.

Lundi 19 août Fougères

Il est 5heures 45 du matin lorsque nous rallions Fougères. Juste le temps de pointer et de quelques poignées de mains, direction nos voitures ou nos femmes nous ont concocté un petit déjeuner chaud ainsi que des nouveaux vêtements tout propre et bien secs. Nous ne tenions pas à rester trop longtemps sur le site d’arrivée,une poignée seulement d’amis fidèles étant informé de l’endroit ou se trouvait nos voitures, ce qui nous permet de repartir sans avoir perdu trop de temps via Tinténiac.

Fougères Tinténiac, étape la plus courte et somme toute facile de ce PBP rallié sans histoire au sein d »un petit groupe. Il fait beau, nous allons avoir droit à une belle journée, mais toujours ce vent de face léger le matin, forcissant en cours de l’après-midi . Bref arrêt à Tinténiac donc, nous reprenons la route pour Loudéac ou nous devrions être sur le coup de midi. Nous sommes dans un petit groupe qui roule à notre convenance, ce qui nous laisse le loisir de rester dans les roues. Passage de Bécherel et des côtes de Merdrignac sans encombre, puis Saint-Meen-le-Grand et la rentrée dans les Côtes d’Armor, avec une petite incursion dans le Morbihan du côté de Ménéac. Quelques petites côtes (celle de Plumieux , la Cheze) et voilà enfin Loudéac. Ce n’est pas trop tôt, j »ai une faim de loup et envie d’un bon repas , tout comme mes compagnons, je pense.

Après un bon arrêt de près d’une heure nous voila reparti vers Carhaix. Etape difficile, truffée de côtes (Trévé, et surtout Merléac) jamais faciles à négocier. Sur ce tronçon du parcours, jamais vraiment plat, j’ai toutes les peines du monde à mettre en route et fait un peu l’élastique dans les montées les plus rudes. Dans ces conditions, il est de plus en plus dur d’accrocher des groupes, qui se réduisent d’ailleurs, comme peau de chagrin. Les kms commencent à se faire sentir, il nous faut donc gérer au mieux.

Nous atteignons Carhaix vers 18 heures, un peu fatigués, mais sans trop de bobos. Un bref arrêt et c’est reparti pour l’étape des Monts d’Arrée. Très belle étape avec la longue montée vers le sommet de Roc Trévezel, montée que je trouve toujours pour le moins, facile.

Après un bref arrêt la-haut, nous attaquons la longue descente vers Sizun ou nous attendent mes amis de toujours Marie-Thé et René avec un bon repas nutritif qu’ils nous ont préparé. Très prévenant, ils ont amené table, chaises,et même trouvé un petit coin au soleil déclinant. Nous mangeons d’un bon appétit, tous ensemble, mais ne pouvons malheureusement rester trop longtemps. La nuit tombe, et il nous faut bientôt repartir vers Brest, terme de ce trajet aller.

Une trentaine de kms. et Passé la longue côte de Plougastel, c’est la descente sur la rade de Brest . C’est toujours une petite émotion cette arrivée à Brest, qui plus est, de nuit avec la traversée féerique du pont Albert Louppe (Certains posent pied à terre, prennent des photos souvenir). Il ne nous reste plus qu’à franchir la longue côte nous conduisant sur le site de pointage ou nous avons prévu de dormir 1 heure 30 .

Nous avons le plaisir de croiser un court instant, David, le cinquième camarade du pays engagé dans ce PBP, dont on a peu parlé, car licencié au club de Landivy (Commune limitrophe, mais en Mayenne) dont la performance mérite d »être signalée. Il bouclera son premier PBP en 51 heures 32. On se doutait bien que ce solide garçon allait nous faire un bon temps, et qu »il est encore capable de faire mieux une prochaine fois…En tout cas, c’est le meilleure performance de la région… Bravo.

Brest mardi 20 août

Il est environ 2 heures 30 du matin lorsque nous reprenons la route vers Guipavas. La nuit pour l’instant n’est pas très froide et ce petit arrêt repos nous a fait le plus grand bien. En ce qui me concerne, sitôt couché, je me suis endormi et si l’on ne m’avait pas réveillé, je crois bien que j’étais parti pour faire une nuit complète. Nous sommes reparti tous les trois, la route cette nuit est vide. A croire que tout le monde s’est arrêté pour dormir…

Au cours de la remontée vers Sizun, nous rattrapons çà et là quelques cyclos pédalant seuls dans la nuit, dont un de Fougères avec qui nous faisons un petit bout de chemin. Puis c’est montée des monts d’Arrée avec son défilé continuel de vélos, descendant,eux, sur Brest . Après un bref arrêt au sommet de roc Trévezel , le temps d’un petit café, généreusement offert par deux couples de camping caristes, sur le terrain depuis trois jours, nous entamons la longue descente rectiligne menant à Carhaix. Enveloppés par un froid brouillard dans sa partie finale, nous glaçant les os. La longue montée menant au centre ville de Carhaix est plutôt la bienvenue, ainsi que le site de contrôle, ou nous pouvons enfin, nous mettre au chaud, le temps d’un bon petit déjeuner. Km 695, encore une étape bien négociée et un pas de plus de fait vers Paris.

Le temps de notre arrêt, le jour à fait son apparition, et avec lui, le soleil qui pointe le bout de son nez la bas à l’horizon. Une ombre, cependant au tableau, le vent semble avoir tourné et, comme annoncé, nous l’aurons encore de face pour rentrer.

Cette partie du parcours retour entre Carhaix et Loudéac, dans un soucis de ne pas trop croiser ceux qui vont vers Brest, est inédite et surprendra un grand nombre de concurrents, car, truffée de côtes longues et pentues, difficiles à négocier. Pour ma part, depuis le départ de Carhaix, je suis dans le dur, faisant l’élastique dans la plupart des bosses, obligeant mes camarades Daniel et Gaby à lever le pied. L’arrêt un court moment au ravitaillement de Saint-Nicolas-du-Pelem est pour moi providentielle et me permet de me refaire une petite santé.

Nous atteignons Loudéac aux environs de 12 heures . Depuis Saint Nicolas, nous avons franchis encore un bon nombre de côtes. Un bon arrêt repas nous est nécessaire, mais, qu’elle était dure cette portion du PBP, d’ailleurs, bon nombre de concurrents jetterons l’éponge ici, à Loudéac.

Le temps d’un repas copieux, qui m’a fait le plus grand bien, nous repartons vers Tinténiac. Les côtes les plus dures désormais derrière nous, cette étape est relativement facile, à part peu être la côte de Sait-Pern menant à Bécherel et sa grande antenne TV perchée tout la haut. Nous faisons route, cette fois au cœur d’un groupe dont l’allure nous convient et rallions Tinténiac (km 870) sans encombre.

Bref arrêt, car nous avons prévu de passer un peu plus de temps à Fougères ou nous serons accueillis par nos familles ainsi que bon nombre de nos amis, Fougères ou nous arrivons peu avant 20 heures sous les acclamations. C’est le temps des embrassades et des congratulations. On essaye d’avoir un mot pour chacun, de répondre aux questions, qui nous viennent de part et d’autre, mais il faut mettre de l’ordre dans notre tête, déjà bien fatiguée. D’abord aller pointer, puis manger, changer de vêtements, faire le plein des bidons, de ravitaillement pour la nuit qui va suivre, et essayer de ne rien oublier… Pas toujours facile…!

Gaby, très malin, s’est vite éclipsé, pour aller se faire masser. Daniel est avec sa grande famille. Quand à moi je dîne en compagnie d’André, bon camarade de vélo, secrétaire et responsable du site du club que j »ai invité à venir à ma table. Je dois avoir une tête fatiguée, car je vois bien que Chantal s’inquiète pour la suite de cette aventure. Elle ne dit trop rien mais n’en pense pas moins.

Le temps passe et il nous faut penser à reprendre la route et faire les 300 derniers kilomètres nous séparant de l’arrivée à Rambouillet. La nuit s’est de nouveau installée (la 3è) lorsque nous reprenons la route vers Mont-Romain et la Mayenne. Je me suis éborgné un œil au départ de Fougères, car je commence à voir en double et en triple… Fatigue, cervicales? les deux peu être… En tout cas avec un seul œil, ma vue est à peu près correcte. Nous sommes dans un bon groupe roulant à allure régulière, mais le sommeil gagnant chacun de nous, il nous faut nous arrêter à Gorron pour dormir. 1 heure 30 à Brest depuis le départ, cela fait peu.

Un Hotel restaurant est ouvert et la dame qui nous accueille est tout de suite aux petits soins pour nous, nous proposant une chambre,, de nous réveiller à l’heure convenue et de nous préparer à notre réveil soupe, café, selon nos besoin.

Hotel très particulier, difficile de décrire. Tout est vieillot, une tourterelle sur le bord d’une table chante à qui mieux mieux. Les vélos sont entassés en plein milieu de ce qui doit être une salle à manger jonchée de vieux matelas. Un tas de patates entreposées sur une des tables, dont certaines traînent sur le sol. En haut, dans les chambres, c’est guère mieux, les WC sont délabré, beau tirer la chasse d’eau, rien ne fonctionne. La porte de notre chambre est retenue par le meuble télé, tout est poussiéreux et semble dater du siècle dernier, mais quel accueil chaleureux de la part de cette personne et de sa fille qui entendent bien passer la nuit pour satisfaire aux besoins des cyclistes qui veulent bien prendre le temps de s’arrêter ici un instant, et tout ceci pour une somme dérisoire…

Après avoir dormis 2 bonnes heures, nous reprenons notre route vers Villaines-la-Juhel au sein d’un petit groupe évoluant à vitesse modérée. Cet deux heures de sommeil m’ont fait le plus grand bien et c’est avec des jambes retrouvés que je franchi sans problème la longue côte avant Lassay-les-Châteaux. Par contre, j’ai un peu plus de mal à venir à bout de celle située après le Ribay, puis c’est la descente dans laquelle, n’étant plus très lucide, je ne prends aucun risques. Le jour commence à faire son apparition lorsque nous atteignons Villaines-la-Juhel. Nous avons passés la cap des 1000kms.

Mercredi 21 août

Villaines-la-Juhel – Mortagne-au-Perche, étape terriblement douloureuse pour moi. Et pourtant, tout avait bien commencé. Après avoir pris petit déjeuner copieux , je m’étais fait masser jambes et cervicales Nous reprenions la route avec un moral d’acier, nous disant qu’il ne nous restait qu’un peu plus de 200kms à parcourir. Si dans la première partie, tout allait bien, m’enhardissant même à prendre des relaies, Je n’ai pas vu venir le gros coup de barre qui m’est tombé dessus avant Mamers. Et c’est plus les bras que les jambes qui m’ont trahis. Complètement scotché à la route, zigzagant, obligé de m »arrêter dès le moindre relief, n’ayant même plus la force de tenir mon guidon. Il fallait se rendre à l’évidence, dans ces conditions, je devenais un poids pour mes compagnons. Il a fallu les convaincre de me laisser continuer seul, ce qui n’a pas été facile, mais ils ont fini par accepter.

A partir de ce moment, donc je continue seul et au ralenti, ma route vers Mortagne, m’arrêtant de temps à autre pour me dégourdir les bras. A 11kms de Mortagne je stoppe chez une personne proposant café, chocolats, thé, etc. Vu mon état de fatigue, ce monsieur, envers qui va toute ma reconnaissance, me propose de m’allonger sur un transat, jambes au soleil. J »accepte cette offre bien volontiers. Je reste là allongé une demie heure, ce qui me permet de faire le point dans ma tête, car il va me falloir maintenant gérer au mieux afin d’essayer d’arriver à Rambouillet avant les 80 heures fatidiques .

J’ai peine à sortir de ce transat dans lequel je suis si bien, mais il me faut reprendre ma route et rejoindre Mortagne, ou, la bas je pourrais au moins me restaurer. Je me suis si bien délassé chez cette charmante personne que je n’ai pas trop de mal à rejoindre Mortagne, pourtant juché au sommet d’une longue côte. Sitôt arrivé sur le site, tout d’abord, le pointage puis recharge de ma batterie lumière, car il faut parer à l’éventualité d’une nouvelle nuit sur le vélo. Cela fait, je m’en vais engloutir une grosse assiette de pâtes à la Bolognaise,en compagnie d’une dame de Haute Savoie, bien fatiguée, elle aussi. Sitôt fini de manger, aller dormir. J’ai calculé que je pouvais me permettre de dormir 3 heures, ce qui me laisse encore une petite marge pour terminer dans les temps impartis. Je demande donc de me réveiller à 15 heures 30. A cette heure de la journée une seule personne à dormir dans cet immense gymnase ou sont alignés des centaines de tapis de sol et couvertures. J’empile 3 tapis les uns sur les autres et ne tarde pas à m’endormir.

Je sors de ma torpeur 2 heures plus tard, et puisque je ne dors plus, je décide de repartir. Il sera toujours temps d’aviser plus loin Ces 2 petites heures m’ont, semble t’il, fait du bien. Je reprends donc la route prudemment, sachant qu’il me reste au moins 3 grosses côtes à franchir avant de trouver un relief plus plat. Et ces côtes, je ne les passe pas trop mal, m »arrêtant dans le haut de chacune d’elles quelques instants pour récupérer un maximum de mes bras raides.Je ne vais pas très vite, mais j’avance, m’arrêtant de temps à autre pour manger ou boire, car, en cette après midi, il fait chaud. Je dois donc demander à une personne sur le bord de la route de bien vouloir remplir mes bidons. Petit à petit je progresse et me rapproche de Dreux, gêné par un bon vent de face, qui ralenti mon allure déjà pas élevée. J’atteins Dreux vers 19 heures. Je ne vais pas m’attarder, redoutant une nouvelle nuit que j’aurais plus de mal à gérer.

Après un coup de téléphone à Chantal, afin de là rassurer, je repars en compagnie d’un cyclo de Mayenne avec qui j »ai fais mon dernier BRM400 et un du club d’Evron. Je jette mes dernières forces dans la bataille pour essayer de les suivre, mais de forces, je n’en ai plus et je dois les laisser partir. De plus, j’ai les fessiers à vif et de ce fait, bien des misères à m’asseoir sur ma selle sur des petites routes de la région vraiment pourries. 44kms seulement, mais que ces kms sont longs, j’en arriverais même à compter les hectomètres, et, pourquoi pas, les mètres qui me séparent de l »arrivée.

La nuit me prend une heure environ avant l’arrivée. J’ai l’impression de faire du sur place, une bonne centaine de concurrents m’ayant dépassé depuis Dreux sans que je puisse accrocher la moindre roue. C’est, pour finir, l’interminable forêt de Rambouillet, et la vue qui me joue des tours. Je vois en double et en triple, des bandes blanches dans tous les sens, ce qui m’oblige à avoir continuellement la main sur les freins. C’est dans un état de fatigue avancé que je franchis enfin la grille d’entrée du parc ou à lieu l’arrivée un bon kilomètre plus loin. Je zigzague et croise des personnes à pied et à vélo venant en face, dans ce parc non éclairé avec la peur de me payer quelqu’un si près du but. Enfin la ligne est en vue, je viens de terminer mon 3è Paris – Brest – Paris, il est 10 heures du soir et je n’aurai été guère plus loin…!

Daniel et Gaby , arrivés 3 heures plus tôt sont là criants jubilants et heureux de me voir finir dans les temps. Ce sont vraiment de bon compagnons… Eux qui avaient sans doute un petit peu de remord de m’avoir laissé en piteux état sur les routes du Perche, se sentent à la fois heureux et soulagés de me voir terminer cette aventure sain ? et sauf.

Jeudi 22 août (En conclusion)

Même si de mes trois PBP celui ci me fut particulièrement difficile, c’est sans aucun doutes celui qui me laissera le meilleur souvenir. Tout d’abord, de l’avoir fait avec de très bons camarades. J’ai trouvé une grande solidarité, des encouragements tout au long du parcours et j’ai de l’admiration pour ces personnes prêtes à passer deux, voir trois nuits afin de nous proposer divers boissons chaudes et ravitaillement. Le parc du Château de Rambouillet, choisi comme site de départ et arrivée cette année y est en grande partie pour quelque chose. Ambiance champêtre cordiale et bon enfant (rien à voir avec l’ambiance feutrée d’il y a 4 ans au vélodrome de Saint-Quentin), enfin l’accueil des participants ainsi que les efforts fait pour le bon repas à l’arrivée. Un petit bémol cependant, l’arrivée sur le site de nuit non éclairé est vraiment hard. Un petit éclairage ou un sens unique aurait été de bonne augure.

Bravo à toute l’équipe organisatrice, qui, malgré la pluie d’avant l’épreuve a sut garder le sourire, et aussi à toutes et à tous qui nous avez suivi et encouragés, particulièrement lors de nos passages à Fougères. Encore merci à vous, et rendez-vous dans 4 ans… En temps que bénévole. LEBOISSETIER Michel

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