Mes brevets qualificatifs 2019
Le 23/03/2019 à Pleine-Fougères (BRM 200)
DĂ©part Ă 7 heures de ce premier brevet en compagnie de Daniel et Gaby, mes deux compagnons de club avec qui je dois participer a mon 3è Paris – Brest – Paris en aoĂ»t prochain,auquel est venu se joindre Ă nous le neveu de Daniel, adepte du triathlon.
Il ne fait pas bien chaud, et la tenue d’hiver reste de rigueur en ce mois de mars. Cette première allait très mal dĂ©buter, car, Ă peine sortie du pays, Daniel percute violemment un concurrent arrĂŞtĂ© en plein milieu de la route. RĂ©sultat; la roue avant en huit et un retour Ă la case dĂ©part. Le plus embĂŞtant, Daniel Ă un sĂ©rieux hĂ©matome Ă la hanche et souffre des cotes… La journĂ©e s’annonce dure pour lui. Une radio confirmera le lendemain un trait de fracture …!
Nous repartons une bonne demi/heure plus tard en compagnie de quelques retardataires après avoir trouvĂ© une roue avant auprès du club organisateur. Cette fois c’est le bon dĂ©part. Brouillard, gelĂ©e blanche, direction Evran (CĂ´tes d’Armor) . Routes assez planes jusqu’Ă ce gros bourg que nous atteignons vers 9 heures Ă bonne allure, juste au moment ou un groupe plus important repart.
Pointage et achat de viennoiseries Ă la boulangerie du pays avant de repartir tous les quatre plein est vers Saint-Domineuc, DingĂ©, Sens-de-Bretagne (petit arrĂŞt) l’atmosphère se rĂ©chauffe. Il fait beau, mais nous avons un fort vent de face qui gène un peu notre progression. Saint-Aubin-du-Cormier. Le parcours relativement plat, c’est terminĂ©, nous abordons une succession de petites cotes jusqu’Ă VitrĂ© ou nous nous arrĂŞtons pour pointer et trouver Ă manger dans un bar au bas de la ville. Petite pause qui fait du bien,surtout Ă Daniel qui se ressent de plus en plus de sa chute, mais il ne manque pas de courage et je ne doute pas qu’il ira au bout.
Une petite demie heure d’arrĂŞt et c’est reparti vers le nord Mayenne ou nous attendent quelques belles cotes (La Croisille, JuvignĂ©, La PĂ©llerine) avant de revenir sur nos terres. Pointage Ă Pontmain, mais pas de miracle, nous ne sommes pas arrivĂ©, il nous reste environ 45km Ă effectuer, mais, cette fois, avec le vent favorable. LouvignĂ©, puis Saint-James, Pontorson, Pleine-Fougères que, sans doute, sentant l’arrivĂ©e proche, nous effectuons Ă la vitesse grand V
VoilĂ , c’est terminĂ©, nous aurons mis 9 heures avec les arrĂŞts et roulĂ© Ă 25km/h de moyenne, faisant la presque totalitĂ© du parcours Ă quatre, ayant tout au long de la journĂ©e un petit temps de retard sur les autres groupes, qui n’Ă©taient jamais bien loin, mais que nous n’avons pu rĂ©cupĂ©rer, du fait de notre retard au dĂ©part. Il ne reste plus qu’Ă se restaurer un peu, de manger le traditionnel sandwich accompagnĂ© d’une bonne bière avant de rentrer au bercail.
CelĂ dit double 200 pour moi au cours de la semaine car j’avais effectuĂ© la totalitĂ© de ce circuit le mardi prĂ©cĂ©dent ce brevet dans le sens inverse, ce qui me faisait un cumul de 572km en huit jours… Pas mal.
Le 13/04/2019 à Ernée (BRM 300)
Nous nous sommes levĂ©s tĂ´t, mes camarades et moi pour nous rendre Ă ErnĂ©e, dĂ©part prĂ©vu Ă 4 heures du matin pour ce deuxième brevet qualificatif au PBP. Meme Ă©quipe qu’au 200. Daniel, son jeune neveu, Gaby et moi.
Le moins que l’on puisse dire, c’est qu’il fait un froid glacial ce matin, qui ne devrait pas s’amĂ©liorer au lever du jour. En ce qui me concerne, je crains et j’ai enfilĂ© plusieurs couches de maillots, veste et chaussettes afin d’essayer de combattre ce froid ambiant.
Plus d’une centaine au dĂ©part de cette Ă©preuve, et nous allons essayer de rester dans des groupes. Je ne peu m’empĂŞcher de dĂ©marrer plein pot (pour me rĂ©chauffer et peu-ĂŞtre aussi mon instinct naturel qui reprend le dessus). Nous prenons la direction de VitrĂ©, route le plus souvent rectiligne , mais pas plate. De loin en loin, dans la nuit, devant moi, c’est une file de feux rouge qui s’agitent. C’est sans doute cela qui m’excite. Je remonte de groupes en groupes jusqu’Ă VitrĂ© ou je me dis , il va falloir que je me calme et attendre mes compagnons qui sont derrière.
Je ne suis certainement pas le seul Ă avoir eu la mĂŞme pensĂ©e car après VitrĂ© un gros peloton se reforme et avec eux je retrouve mes deux compagnons de route Daniel et Gaby qui ont du cravacher pour revenir. Nous continuons alors au sein de ce groupe qui roule Ă bonne allure, Pas besoin d’assurer le train.
Le jour pointe le bout de son nez du cotĂ© de Bain-de-Bretagne, mais, bon sang ! qu’il fait froid. Nous arrivons au sein d’un petit groupe au premier pointage Ă Guipry-Messac. DĂ©jĂ 3 heures de route. Tout le groupe (une bonne trentaine) s’arrĂŞte pour se ravitailler et souffler un peu, car nous sommes Ă près de 30 de moyenne (vent favorable, ce qui ne sera pas le cas sur la route du retour)
Un petit arrĂŞt et c’est reparti. Je me sens bien, et dans ce cas, j’aime assurer le train. PlĂ©lan-le-Grand (Pointage km126) Montauban-de-Bretagne (Pointage km150) Changement de direction, cap sur BĂ©cherel avec un fort vent dĂ©sormais de face qui ne va pas nous lâcher avant les 15 derniers km de ce brevet.
Aurais-je prĂ©sumĂ© de mes forces…! La montĂ©e vers BĂ©cherel s’annonce difficile pour moi et j’ai toutes les peines du monde Ă suivre le groupe. En plus je suis pourri de crampes et nous ne sommes qu’Ă un peu plus de la moitiĂ©. Première alerte Dans la cote de BĂ©cherel ou je me fais quelque peu dĂ©crocher, il n’est plus du tout question d’assurer le train, tout juste de s’accrocher en espĂ©rant une amĂ©lioration. Cote de TintĂ©niac, je suis Ă nouveau pris de crampe, je dĂ©croche, je rĂ©ussi Ă revenir … Combourg, je sens un lĂ©ger mieux, de courte durĂ©e car quelques km plus loin je me fais sortir dans une petite cote anodine, et pour de bon cette fois; C’est tout seul que je rejoins Dol-de-Bretagne, lieu de pointage.
Il est midi passĂ© je retrouve le groupe et avec eux mes compagnons de club auquel est venu s’ajouter Mickael, qui nous sera prĂ©cieux, n’hĂ©sitant pas Ă assurer le train sur la presque totalitĂ© du trajet retour. Entre temps, la majeure partie du groupe s’est arrĂŞtĂ© manger dans un restaurant. Nous nous retrouvons Ă 4 du club. Quand au neveu de Daniel, nous ne l’avons pas vu depuis le dĂ©part et ne savons s’il est devant ou derrière nous.
Pas chance, Ă Dol c’est la foire,la plupart des rues sont barrĂ©es et les commerces pris d’assaut. Nous perdons lĂ une bonne demi/heure Ă chercher une boulangerie et vu le capharnaĂĽm ici, nous dĂ©cidons d’un commun accord de pousser plus loin.
Nous faisons arrêt a Pontorson, ou là enfin nous trouvons des sandwichs, qui passent comme lettres à la poste. Depuis Dol, on ne peut pas dire que je suis bien fringant mais je me refais petit à petit une petite santé et les crampes (peu-être du au froid) semblent terminées.
Après cet intermède, direction Saint-James puis LouvignĂ©, ou des spectateurs souvent connus attendent le passage de la course en ligne (A travers le pays de LouvignĂ© arrivĂ©e jugĂ©e au FĂ©rrĂ© dont j’ai aidĂ© Ă baliser les 200km de cicuit avant hier. C’est peu-ĂŞtre ça qui m’est restĂ© dans les jambes, d’ailleurs)
Pas d’arrĂŞt chez nous, nous avons hâte d’en finir et il nous reste quelques bonnes cĂ´tes dont la montĂ©e sur Landivy et celle de Fougerolles-du-Plessis. Puis ce sera DĂ©sertines , Gorron , dernier pointage ou, un peu avant, nous trouvons, David, un autre Louvigneen Plus costaud que nous. Ayant terminĂ© depuis un moment dĂ©jĂ a dĂ©cidĂ© de refaire la route inverse pour venir Ă notre rencontre. C’est Ă fond, le vent enfin dans le dos, collĂ© Ă sa roue arrière que nous rallions ErnĂ©e, terme de ce 300 qui, comme tous les 300 que j’ai effectuĂ© Ă ce jour m’a posĂ© quelques problèmes.
Bilan 24,800 de moyenne, ce qui n’est pas si mal vu les conditions atmosphĂ©riques et surtout le fort vent de face sur la presque totalitĂ© du trajet retour. Rien Ă voir avec les 28 d’il y a 4 ans, mais c’Ă©tait il y a 4 ans….
Le 04/05/2019 BRM 400 Ă Laval Nord
Pour ce brevet, je suis arrivĂ© la veille et couchĂ© chez le jeune de mes fils, Eric, habitant Laval, ce qui m’a fait gagner une heure de sommeil .On nous annonce une mĂ©tĂ©o chaotique pour ce 3è brevet qualificatif partant de Laval. Il est 6 heures du matin et le ciel est plutĂ´t dĂ©gagĂ©, nous verrons bien…
DĂ©part par groupes d’une trentaine d’unitĂ©. Nous ne prendrons pas le tout premier, lĂ ou sont en gĂ©nĂ©ral les meilleurs mais plutĂ´t le second. Beaucoup de participants Ă ce 400 parti Ă vive allure vers ChangĂ© et une première cĂ´te Ă la sortie du pays.
Direction le Bourgneuf, VitrĂ©. Les plus pressĂ©s partent devant. quand Ă moi, bien que les sensations soient bonnes, Ă©chaudĂ© par mon prĂ©cĂ©dent 300, je reste dans les roues bien Ă l’abri avec mes compagnons Daniel et Gaby.
Un léger brouillard nous accompagne depuis la sortie de Laval, mais nous avons le vent favorable. Ce brouillard fait place à de belles éclaircies après Vitré, et qui sait? peu-être aurons droit à une météo plus clémente que prévue.
Nous nous dirigeons sur Saint-Aubin-du-Cormier, via Sens-de-Bretagne dans un bon groupe d’une vingtaine d’unitĂ©s, lieu du premier pointage, ou nous changerons carrĂ©ment de direction pour rejoindre Mortagne-au-Perche, empruntant le parcours du prochain PBP. Je me sens en forme et n’hĂ©site plus Ă prendre des relais de temps Ă autre. CotĂ© mĂ©tĂ©o, j’Ă©tais sans doute trop optimiste, car les nuages s’amoncellent cĂ´tĂ© ouest et avec eux le vent qui se renforce, que nous aurons pratiquement pleine face jusqu’Ă Mortagne. Encore une rude journĂ©e qui s’annonce…Pointage, donc Ă Sens. Il est heures 8heures 50 et nous sommes Ă 30 de moyenne, mais , avec ce vent qui ne nous sera dĂ©sormais pas favorable cela risque de baisser.
après un bref arrĂŞt nous repartons au sein de notre groupe, qui Ă sensiblement diminuĂ© vers Fougères, sous les rafales de vent et la pluie qui fait son apparition un peu avant Fougères. Après Fougères, direction mont-Romain, Gorron. Avec cette pluie, il fait froid. Je m’arrĂŞte Ă Saint-Hellier-du-Maine pour remettre mes gants. Grosse erreur, le groupe est maintenant Ă près d’un kilomètre et , avec ce vent de face il va me falloir un certain temps pour revenir. Daniel et Gaby ne me voyant plus dans le groupe m’attendent. A trois nous aurons plus de chance de le rĂ©intĂ©grer . Mais, malgrĂ© nos efforts, nous ne reprenons que mètres après mètres. A ce moment le conducteur d’une voiture voyant notre difficultĂ© passe devant nous et dĂ©cide de nous ramener, nous lui en sommes reconnaissant. Nous rĂ©intĂ©grons le groupe peu avant Gorron, il nous aura fallu cravacher pendant une dizaine de km. Ouf…
Direction Ambrières, le temps s’est amĂ©liorĂ©, plus de pluie, mais toujours un vent soutenu, soufflant en rafales. Nous dĂ©cidons tous de faire arrĂŞt sandwich Ă Lassay-les-Châteaux. Il est plus de midi et la longue cĂ´te Ă la sortie de ChantrignĂ© a eu pour effet d’Ă©parpiller le groupe.
Après une bonne pose et s’ĂŞtre bien ravitaillĂ©s, nous repartons ragaillardi vers Villaines-la-Juhel, km 186, que nous atteignons a Ă 13h50. Pointage, petite pose et c’est reparti sur une portion plus vallonnĂ©e ou se succèdent les longs faut-plats Ă n’en plus finir.
Fresnay-sur-Sarthe et puis les longues lignes droites nous enmenant jusqu’Ă Mamers. A l’approche du Perche, le temps change. Première averse de grĂŞle un peu avant Mamers, puis carrĂ©ment la grosse averse cette fois Ă l’entrĂ©e du pays. C’est un peu la panique dans le groupe, je suis devant et je prends la rocade alors que le reste du groupe a dĂ©cidĂ© de passer par le centre ville et je me retrouve seul pour rallier Mortagne. Je prĂ©sume que le groupe ou figurent mes deux compagnons de route sont derrière moi, mais je n’en suis pas sur. Ayant de bonnes jambes je dĂ©cide de continuer seul jusqu’Ă Mortagne me disant qu’ils finirons bien par me rattraper, mais personne devant ni derrière.
J’arrive Ă Mortagne Ă 17h30. Un groupe est bien lĂ dans le centre, mais ce n’est pas le mien. Qu’Ă cela ne tienne je pars Ă la recherche d’une boulangerie pour me ravitailler et faire tamponner ma carte. J’aurais ainsi le temps de souffler avant qu’ils arrivent. De retour dans le centre de Mortagne, je retrouve mon groupe qui vient d’arriver 10mn après moi. Explication, ils se sont mis quelques instants Ă l’abri, le temps de l’averse.
Profitant de ma petite avance, j’en profite pour tĂ©lĂ©phoner Ă mon copain Jacky, qui habite dans les environs de BellĂŞme, tout au fond d’un petit village, qui a pour nom  » la belle Vacherie ». On Ă prĂ©vu de se voir lors de mon passage Ă Saint-CĂ´me-en-Varais, et peu-ĂŞtre mĂŞme de s’offrir un petit repas, avant de reprendre la route. Mais Ă la belle Vacherie, très peu de rĂ©seau et comme j’ai près d’une heure d’avance sur l’horaire que nous avions convenu, je ne peu le joindre. De toute façon, je n’ai guère envie de m’attarder, la nuit s’annonçant très très fraĂ®che. Nous ne nous verrons pas, mais, si l’envie me prend, j’irais plus tard le voir Ă vĂ©lo. 320km aller, retour, ce qui me fera un bon entrainement, avant le dĂ©part du PBP.
Après un bon arrĂŞt Ă Mortagne, cap au sud, direction BellĂŞme. Le fort vent du nord nous pousse maintenant sur les lignes droites nous menant Ă BellĂŞme. Quel changement et quel confort après avoir lutter près de 200km contre le vent et les intempĂ©ries…! IntempĂ©ries qui en mĂŞme temps que nous quittons le Perche, semblent faire place au soleil.
Bref arrĂŞt Ă Saint-CĂ´me pour pointer et notre groupe de huit unitĂ©s, nous dirigeons vers Beaumont-sur-Sarthe, via SillĂ©-le-guillaume que nous atteignons juste avant la nuit vers 21 heure, ou un bon ravitaillement s’impose avant la nuit.
Il nous reste environ 3 heures de route de nuit Ă faire pour rejoindre Laval, terme de ce brevet. Depuis Mortagne les conditions sont idĂ©ales et nous roulons bon train, train que je n’hĂ©site d’ailleurs pas Ă assurer les 3/4 du retour, ayant de très bonnes sensations depuis le dĂ©part ce matin.
Cette première partie de nuit n’est pas trop fraĂ®che et nous arrivons tous ensemble (8) Ă Laval aux environs de minuit, contents d’en avoir terminĂ© avec ce brevet de 400, bouclĂ© Ă près de 25 km/h de moyenne , ce qui n’est d’ailleurs pas si mal, vu les conditions rencontrĂ©es (pluie, vent, grĂŞle, froid). Il ne me reste plus qu’Ă retraverser Laval pour me rendre chez mon fils, et goĂ»ter Ă un repos bien mĂ©ritĂ©.
Les 01 et 02/ 06/2019 BRM 600 Audax Lavalois
Retour Ă Laval pour ce dernier brevet qualificatif Ă PBP organisĂ© par l’Audax Lavalois; Trajet qui doit nous emmener jusqu’Ă Comana, au coeur des monts d’ArrĂ©e, via les montagnes Noires, avec un dĂ©nivelĂ© prĂ©vu de plus de 6000 mètres. Un mini tour de Bretagne, en quelque sorte. Autan dire que nous prenons le dĂ©part avec une petite apprĂ©hension, surtout que cĂ´tĂ© mĂ©tĂ©o nous devrions passer Ă des tempĂ©ratures frisant la canicule, mais d’habitude, je supporte assez bien, me rappelant que dans ma jeunesse je gagnais très souvent aux pĂ©riodes les plus chaudes de l’annĂ©e.
Parcours identique au 400 jusqu’Ă Sens-de-Bretagne,puis nous continuerons jusqu’Ă Comana sur le tracĂ© du PBP, que je commence Ă connaĂ®tre parfaitement . Comme d’habitude, mes camarades et moi avons choisis de rester dans un groupe dont le rythme nous convient. Nous atteignons DingĂ© (km 90) sans problème particulier vers 9 h 15. Tout va bien, il fait bon rouler, la chaleur n’ayant pas encore fait son apparition. Un lĂ©ger ravitaillement et nous voilĂ reparti vers TintĂ©niac, puis le village perchĂ© de BĂ©cherel, avant d’entrer dans les CĂ´tes-d’Armor. La tempĂ©rature monte et de loin en loin nous rattrapons ceux, un peu prĂ©somptueux, qui sont partis trop vite ce matin. C’est ainsi que nous rattrapons Mickael, un bon camarade de notre club, pourtant plus performant que nous, complètement collĂ© Ă la route, incapable de suivre le moindre groupe qui le dĂ©passe. Il ira mĂŞme jusqu’Ă poser plusieurs fois pied Ă terre. Devant son Ă©tat, Ă cet instant nous nous demandons s’il pourra terminer, vu le relief qui se prĂ©sentera Ă lui après LoudĂ©ac, mais, en ce qui nous concernent, nous ne pouvons nous permettre de l’attendre. Nous sommes dans un groupe qui roule bien rĂ©gulier, il nous faut y rester.
Deuxième pointage Ă la TrinitĂ©-PorhoĂ«t (km 165). Il est un peu plus de midi et juste un cafĂ© d’ouvert, mais de sandwich, que dalle…! Je dĂ©cide de pousser 3km plus loin, Ă Plumieux ou lĂ , nous aurons peu-ĂŞtre un peu plus de chance. A dĂ©faut de (Plus- mieux), nous trouvons une petite supĂ©rette, ainsi qu’un bar ou l’on pourra au moins s’asseoir devant une bonne bière bien fraĂ®che. Je n’ai trouvĂ© qu’une part de pizza fourrĂ©e d’une espèce de crème, que je mange froide. C’est un peu Ă©cĹ“urant, mais j’ai faim. Il faut bien alimenter la machine….
Après ce bon arrĂŞt, et avoir enlevĂ©es les couches de vĂŞtements superflues, nous repartons vers LoudĂ©ac, ou les choses sĂ©rieuses vont commencer , avec une succession de cĂ´tes jamais faciles Ă nĂ©gocier, et, aujourd’hui, avec la chaleur en plus. Cotes de TrĂ©vĂ©, Uzel et surtout MerlĂ©ac que j’ai toujours trouvĂ©e la plus dure du parcours PBP, et, ou encore aujourd’hui, j’ai toutes les peines du monde Ă en venir Ă bout. Je suis d’ailleurs pas le seul, tout le groupe se retrouvant essaimĂ© un par un.
Daniel, lui non plus n’a pas eu l’air d’apprĂ©cier. Il est Ă la traĂ®ne. Corlay n’Ă©tant pas très loin Gaby et moi dĂ©cidons de l’attendre Ă l’entrĂ©e du pays. Ce n’est qu’après une bonne dizaine de minutes qu’il refait son apparition. Un bon arrĂŞt et un peu de repos devrait lui faire du bien.
Sur la place du centre, un bon nombre de participants sont Ă l’arrĂŞt et beaucoup ont l’air fatiguĂ©s. Nous ne sommes qu’au km 220 et encore loin du compte… Vu leurs tĂŞte, certains auront du mal Ă aller jusqu’au bout. Il est 15 h 10, nous sommes en plein cagnard.Un coup de tampon et c’est reparti Vers Carhaix, accompagnĂ©s de trois courageux compagnons, plutĂ´t mal en point, avec qui nous passerons la nuit et la presque totalitĂ© du parcours, dont Denis, le Lavalois 78 ans, qui, Ă chaque Ă©tape se dit cramĂ© et ne plus pouvoir avancer, mais qui est malgrĂ© tout toujours lĂ .
Carhaix, nous prenons la rocade, et au lieu de prendre la route du Huelgouat, nous empruntons la route directe (route du retour Ă PBP) route oh combien monotone avec ses grandes lignes droites, le plus souvent montantes et baignĂ©s de soleil, nous menant Ă Roc TrĂ©vezel, sommet des monts d’ArrĂ©e. Le groupe, ou ce qu’il en reste avance au ralenti. Gaby et moi assurons le train cote Ă cote et malgrĂ© notre faible allure, nous nous retrouvons bientĂ´t Ă trois, le reste de notre petit groupe Ă©parpillĂ© (façon puzzle).
Etant donnĂ© que nous ne nous sommes pas arrĂŞtĂ© Ă Carhaix, nos bidons sont vides; Nous nous dĂ©tournons de notre route pour nous ravitailler en eau au petit village de la FeuillĂ©e. A peine descendu de vĂ©lo, notre compagnon d’infortune, qui n »est pas bien fringant, tombe au sol ,se tordant de douleurs, terrassĂ© par les crampes. Il hurle et nous ne savons que faire pour lui.
Pour l’heure, le mieux pour lui, c’est de se reposer et boire en attendant que ça lui passe. Nous dĂ©cidons, Gaby et moi de continuer tous les deux notre route jusqu’Ă Comana, ou, en attendant Daniel, en perdition, nous aurons alors le temps de nous reposer. Nous franchissons Roc TrĂ©vezel tous les deux, seuls rescapĂ©s. Il ne nous reste plus que quelques km de descente pour rejoindre Comana Ă mi chemin de notre parcours.
Petite anecdote, heureusement sans consĂ©quences. Après notre arrĂŞt Ă la FeuillĂ©e, dans une lĂ©gère descente, je m’aperçois tout Ă coup que je n’ai pas refermĂ© la fermeture de ma sacoche avant. Bien sur, je vĂ©rifie si tout est en ordre, et lĂ , je ne trouve plus mon carton de route que je mets toujours dedans. Sueur froide… Je commence Ă dire Ă Gaby « Il va me falloir faire demi tour,je crois bien avoir perdu mon carton de pointage » Je tate les poches de mon maillot… Il y est… Au dernier pointage, je ne l’avais pas remis Ă sa place habituelle. Ouf, plus de peur que de mal, nous pouvions repartir.
Comana… Il est 19 heures… Pas grand monde Ă cette heure ici. Une petite superette est ouverte Ă l’entrĂ©e du pays, nous allons nous arrĂŞter lĂ nous ravitailler et attendre Daniel et ce qui reste de notre groupe, c’est Ă dire 6. C’est d’abord notre goronnais que nous avions abandonnĂ©, pris de crampe qui arrive, il n’a pas trop perdu de temps… mais toujours pas de Daniel, qui pointe sa grande carcasse 40mn après nous le moral dans les chaussettes, puis plus loin, Denis qui se dit, encore une fois ‘Laissez moi lĂ , je suis cramé » mais qui finira par repartir.
Après ce long arrĂŞt, pour entamer cette seconde partie de brevet, il nous faut reprendre une petite partie de la route, chemin inverse. La chaleur est maintenant terminĂ©e et notre petit groupe semble avoir repris des forces. A peine sortis du pays, nous croisons Mickael, qui semble avoir une meilleure tĂŞte que ce matin et qui passe Ă vive allure. Il semble avoir retrouvĂ© du tonus, et nous en sommes heureux pour lui. A l’Ă©vidence, il ne va certainement pas s’attarder et bientĂ´t nous rattraper.
Il nous faut franchir une bonne cĂ´te pour rejoindre et longer pendant quelques km les crĂŞtes des Monts d’ArrĂ©e . A cette heure du soir, ce vieux massif couvert de landes arides, aux paysages austères, le plus souvent balayĂ©es par le vent, est tout simplement magnifique. Après ĂŞtre passĂ©s au pied de la montagne Saint-Michel et sa chapelle, tout au sommet, nous plongeons dans la longue descente vers Braspart puis Pleyben, ou nous avons dĂ©cidĂ© de prendre un bon repas afin de recharger les batteries juste avant la nuit. Il est 21 heures, c’est le moment ou jamais, après nous ne trouverons plus rien ,d’ici le lever du jour.
Nous trouvons un petit restaurant dans le centre de Pleyben (km330). Il fait encore beau, nous pouvons nous installer dehors en terrasse. quel bonheur de s’asseoir autrement que sur une selle de vĂ©lo, il faut apprĂ©cier ce petit moment de dĂ©tente. Mes camarades prennent un morceau de poulet avec accompagnements. Quand Ă moi, qu’Ă cela ne tienne, j’ai optĂ© pour une potĂ©e complète (Un beau Jambonneau de porc accompagnĂ© de choux Patates carottes) VoilĂ qui devrait tenir au corps pour la nuit. Quand Ă notre ami Goronnais, tellement content que nous l’ayons attendu, il paye la tournĂ©e gĂ©nĂ©rale.
Mickael, averti de notre arrĂŞt est arrivĂ© un petit 1/4 d’heure après nous, mais n’a pas souhaitĂ© s’attarder, et est reparti presque aussitĂ´t. Il a semble-t-il retrouver du tonus et rattrapera bon nombre de concurrents, ralliant Laval le lendemain aux environs de midi. Belle performance, malgrĂ© son coup de moins bien de la veille…!
Après une bonne heure d’arrĂŞt, il est temps pour nous de reprendre la route. J’enfile une veste Ă manches longues ainsi que mon gilet jaune (nullement par protestation, mais pour ĂŞtre mieux vu cette nuit). La nuit qui commence Ă tomber lorsque nous reprenons la route vers Châteauneuf-du-Faou. CompliquĂ©e cette route qui longe la 4 voies, jalonnĂ©e de travaux , nous renvoyant sans cesse sur cette voie rapide. Après une petite partie de cyclo-cross, et une lĂ©gère rallonge, nous retrouvons notre route ( nous ne serons pas les seuls Ă tâtonner dans cet endroit du parcours.
Depuis les sommets de Monts d’ArrĂ©e, nous avons pas mal descendus, en atteignant Châteauneuf, puis spĂ©zet, nous allons monter plusieurs km pour franchir le col de ToulaĂ©ron, pas très pentu, mais long (5 km environ) . Juste avant le sommet, un bon groupe nous rattrape, mais nous avons dĂ©cidĂ© de rester tous les six et de passer la nuit Ă notre rythme.
Longue descente sur Plouray. Je m’aperçois que la nuit risque d’ĂŞtre fraĂ®che, des petits bancs de brouillard se formant çà et lĂ dans le bas des cotes. Petite halte Ă Gourin, le temps d’enfiler mes jambières et d’attendre nos trois compagnons lâchĂ©s dans Roc ToulaĂ©ron. A tour de rĂ´le, ils ont des gros coups de moins bien, et Ă tour de rĂ´le, depuis Corlay, nous en perdons un, pour le retrouver quelques km plus loin, Ă la faveur d’un arrĂŞt. Cette fois, c’est notre compagnon , le gorronnais (celui aux crampes) qui, couchĂ© dans la rigole, ne veux plus repartir et , malgrĂ© les aboiements d’un chien Ă proximitĂ©, souhaite rester lĂ , dormir. Qu’Ă cela ne tienne, nous le retrouverons, plus loin, car Daniel, gagnĂ© par le sommeil, dĂ©sire faire un petit somme Ă Plouray.
Un abri bus pour les uns, des toilettes public pour moi. AllongĂ© sur le carrelage (propre) je somnole, j’arrive mĂŞme Ă m’endormir juste au moment ou j’entends la voix de Daniel « C’est bon, on repart ». Notre gorronnais de nouveau parmi nous, effectif complet, nous repartons Ă six. Gaby, malgrĂ© son allure parfois peu acadĂ©mique, est vraiment imperturbable depuis le dĂ©part, hier matin, il suit le mouvement, sans jamais avoir l’air de peiner plus que ça.
C’est reparti, nous voyageons au cĹ“ur de la nuit, vers GuĂ©mĂ©nĂ©, pays de l’andouille (ce que nous Ă©vitons de faire). L’avantage, la nuit, c’est que nous ne voyons pas le haut des cotes, nous les sentons dans nos jambes, seulement (gros avantage). Et puis voilĂ Pontivy, ou nous tâtonnons un peu pour trouver la route de Josselin, très mal indiquĂ©e.
Nous atteignons Josselin,et son château, alors que le jour pointe le bout de son nez. Depuis dĂ©jĂ plusieurs km, Daniel est de nouveau en proie au sommeil. Ne trouvant rien d’autre qu’un porche et le seuil de maisons pour d’autre, mes cinq compagnons se couchent sur la pierre, Ă mĂŞme le sol (quand on Ă sommeil, tout est bon) Très peu pour moi, je fais les cent pas sur le trottoir, au moment ou une jeune fille, rentrant sans doute de Discothèque, passant devant moi, dĂ©couvre ces corps allongĂ©s, dormant Ă mĂŞme le sol. Curieuse, elle me demande ce que nous faisons lĂ et après de brèves explications, choisie d’en rire, nous prenant sans doute pour de doux fĂŞlĂ©s. (Elle ne se trompe certainement pas de beaucoup).
Un court arrĂŞt et nous repartons, direction PloĂ«rmel, ou, la bas, vers 7 heures, nous devrions trouver une boulangerie d’ouverte. C’est au tour de notre grand mayennais au maillot rouge (d’AhuillĂ©) d’avoir des difficultĂ©s Ă remettre en route; (Il faut dire que pour sortir de Josselin, nous nous coltinons une grosse cote bien sĂ©vère. Je l’attends et le ramène avec nous quelques km plus loin, juste avant qu’un gros peloton d’une trentaine d’unitĂ© nous rattrape Ă l’entrĂ©e de PloĂ«rmel.
Ce groupe, selon les arrĂŞts est parfois devant, parfois derrière, le mĂŞme qui Ă©tait Ă Corlay hier, qui nous a devancĂ© dans le col de ToulaĂ©ron et que nous retrouverons plus tard Ă Bain-de-Bretagne. Un groupe roulant lĂ©gèrement plus vite que nous, mais, apparemment faisant des arrĂŞts plus longs (Nous finirons d’ailleurs avant eux). Cela dit, ce qui est quand mĂŞme curieux, nous n’avons vu personne de toute la nuit, et d’un coup, ce groupe important qui apparaĂ®t ce matin. MalgrĂ© tout, nous ne regrettons pas d’avoir passĂ© la nuit Ă six plutĂ´t que dans ce peloton ou le danger Ă©tait plus important.
A PloĂ«rmel, juste une boulangerie d’ouverte, la marchande ne s’attendant certainement pas Ă voir son commerce envahi Ă cette heure matinale, par des dizaines de cyclistes affamĂ©s. En ce qui nous concerne, trop de monde. Denis dit »allons prendre un cafĂ© plus loin, dans un endroit plus tranquille »Nous repartons donc tous les six en direction de Guer ( petit erreur, nous ne sommes pas sur la bonne route. Nous nous en apercevons très vite et après une courte rallonge retrouvons le droit chemin.
Guer, nous arrĂŞtons Ă prendre le temps d’un petit cafĂ© et puis Ă´ter manches longues et jambières, car nous sommes reparti pour une journĂ©e chaude et, sans doute, plus orageuse ( Il ne faudra pas trop traĂ®ner Ă prĂ©sent en cours de route et essayer de rentrer sur Laval avant la grosse chaleur) Ce qui n’empĂŞche pas Denis de dire pour la Ă©nième fois « ne m’attendez pas, je suis cramé » Il repartira…!
Nous rallions Bain-de-Bretagne (km525) dans les environs de midi, et trouvons un cafĂ© en mĂŞme temps qu’une bonne partie du groupe vu Ă PloĂ«rmel ce matin. Avec ce chaud soleil , certains ont l’air d’accuser le coup et avoir toutes les peines du monde Ă repartir. En ce qui nous concerne, vu la chaleur, pas question de s’attarder. Il nous reste environ 80km pour en terminer et nous ne comptons pas tergiverser. Nous dĂ©cidons de laisser lĂ nos trois compagnons de la nuit, qui ne pourrons de toute façon, suivre le rythme du gros peloton qui repart et que nous dĂ©cidons de suivre; C’est un peu dommage, mais, entamĂ©s comme ils le sont, ils pourrons faire le reste Ă leur allure. (Ils prendrons d’ailleurs le temps qu’il faut, finissant plus d’une heure après nous)
Ces derniers km, nous les bouclons Ă bonne allure, le vent de dos, en partie au sein du groupe, puis tous les trois, le peloton s’arrĂŞtant en cours de route pour crevaison et ensuite pour dĂ©jeuner, la plupart n’Ă©tant sans doute pas pressĂ©s de rentrer.
Il est 14h30 quand nous en avons terminĂ© avec ce 600, sous un soleil de plomb, pas du tout mĂ©content d’en ĂŞtre venu Ă bout. Bilan satisfaisant en ce qui me concerne, la forme allant crescendo au fil des brevets, qui, bien qu’effectuĂ©s le plus souvent dans de mauvaises conditions atmosphĂ©riques, se sont pas trop mal passĂ©. Je fini en forme, sans avoir taper dans les rĂ©serves et sans perte de poids, il ne me reste plus qu’Ă faire en sorte de garder la forme jusqu’au PBP, ce qui n’est pas une tâche des plus facile… Il faut continuer Ă rouler.

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