Mon Paris-Brest-Paris 2011 (5/6) | Loudéac – Mortagne

Loudéac (km 782). A l’aller nous étions passés avec près de 2 heures d’avance sur nos prévisions. Il est 7 heures, nous repartons avec 2 heures de retard sur notre planning, bien décidés à rattraper le temps perdu. C’est un nouveau départ qui commence. Cette fois ce petit temps de repos semble m’avoir fait du bien et nous a remis les idées en place. Je pars les jambes vaillantes et bien délassées. Temps légèrement frais au levé du jour, nous repartons à cinq ou six à bonne allure vers Tinténiac. Nos acolytes sont tous des étrangers mais par signe je les incite à tourner pour prendre des relais, et ça tourne bien, les jambes sont bonnes, le moral de nouveau au beau fixe. Au cours de cette étape, nous croisons encore quelques concurrents attardés, qui, malheureusement pour eux, ne rentrerons certainement pas dans les délais à Paris.

Tinténiac (km 867). Il est 10 heures et nous avons refait une partie de notre retard. Un petit arrêt déjeuné d’une ½ heure et c’est reparti bon train. Pour cette étape, Philippe Garnier, le frère d’Edouard nous accompagne jusqu’à Fougères et c’est un bon soutien. C’est lui qui le plus souvent assure le train, nous sommes même obligés de lui dire de ralentir dans les cotes. Nous avons hâte de rallier Fougères où nous attend un bon plateau repas offert par notre club et où l’on aura bouclé les ¾ du parcours.

Fougères, le château, retour au pays. Il est juste midi et demi et nous avons 921 km au compteur. Nous avons droit au comité d’accueil. Séance photos, bises et poignées de main. Chantal est là pour me soutenir et, la fatigue aidant, cela me touche, je me retiens pour ne pas verser une petite larme. J’aimerais bien avoir un peu plus de temps avec elle, mais il nous faut manger, ne pas se griser ni perdre trop de temps ici. Pour les congratulations, nous verrons plus tard.
Après une heure passée à Fougères, nous réussissons à quitter notre petit monde et à reprendre la route. Il est 13h30 et il nous reste 300 bornes, c’est-à-dire, plus rien…
Le passage de Fougères est assez costaud avec pas moins de quatre cotes à franchir jusqu’à Mont Romain. C’est en montant à Laignelet que je reconnais la voiture d’Eric (Le jeune de mes trois fils) venu de Laval pendant midi pour nous voir passer. Je lui fais signe de faire demi tour et nous nous arrêtons un court instant sur la place de Laignelet, le temps d’une embrassade et d’une photo souvenir.
Les arrêts à Fougères et de Laignelet m’ont un peu coupés les jambes. À moins que ce ne soit ces longues lignes droites jusqu’à Ambrières qui ne sont pas trop ma tasse de thé. Toujours est-il qu’avec un petit coup de moins bien et le temps devenu un peu plus lourd, je trouve cette étape un peu longue. Et pas un cycliste à l’horizon (Mais où sont-ils donc tous passés ?).
Appels de phares sur la route de Gorron à Ambrières. Nous sommes arrêtés, une guêpe est rentrée dans mon casque (Lunettes et casque ont volés sur la route). Pendant que je récupère mes accessoires, le conducteur d’un véhicule venant en sens inverse nous informe qu’un concurrent est allongé plus loin au bord d’un fossé. C’est bien vrai mais il dort à point fermé (Laissons-le se reposer). Ce sera d’ailleurs le seul cycliste rencontré sur cette étape et il ne nous sera d’aucune utilité. Nous prenons une petite averse orageuse avant d’arriver à Villaines la Juhel (km 1009). Ouf… content d’être arrivé de voir nos femmes venus toutes les deux de Fougères et de retrouver notre camping-car délesté de sa caravane, devenue encombrante et décrochée au passage à Fougères pendant que nous pédalions.
Il est 17 heures 15 et nous arrêtons ½ heure pour nous ravitailler. Il ne nous reste plus que 230 km à effectuer mais nous avons les collines du Perche à passer, donc prudence, rechargeons les batteries.
Sans trop nous attarder, nous repartons pour Mortagne, ne voyant pas non plus beaucoup de concurrents sur cette étape, si ce n’est un groupe d’allemands ou hollandais, nous devançant à bonne allure quelques kilomètres avant d’aborder la grosse montée vers Mortagne. Daniel semble avoir envie de les suivre, je préfère me relever. Malgré de meilleures jambes, ce groupe va légèrement trop vite pour moi.

Mortagne (km 1090). On se rapproche et le moral est bon. De plus nous avons refait pratiquement tout notre retard et nous pensons de plus en plus tenir notre objectif, c’est-à-dire moins de 60 heures. 10 minutes d’arrêt et c’est reparti pour une nouvelle nuit. Il est 21h30. Direction Dreux…

Épisode 6 >

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